L’impérieuse nécessité d'un terrain synthétique

2020 : La création d’un terrain synthétique sur le complexe LE DERF apparait comme incontournable.

Les installations sportives de plein air de Séné sont vieillissantes. Aujourd’hui, les longs épisodes pluvieux que nous subissons depuis deux ou trois hivers compliquent leur utilisation. Cela est amplifié par le succès du Séné FC qui est passé de 240 licenciés en 2016-2017 à plus de 400 en 2019-2020 (effet Coupe de France, effet Scourzic, effet foot féminin, qualité des joueurs qui inspirent les jeunes…).

Lorsque l’on agrège les besoins pour les entrainements de toutes nos équipes, on arrive à un total de 1.600 heures par saison : 21 équipes durant 40 semaines, plus les matchs de compétition.
Les Hommes de l’Art expliquent qu’un terrain traditionnel en terre-sable peut supporter au grand maximum 8-10 heures d’utilisation par semaine. Sur le complexe Le Derf, nous avons deux terrains d’entrainement (le B et le C). Cela donne une capacité maximale entre 650 et 800 heures, à condition que les conditions météos soient favorables et que les surfaces soient parfaitement entretenues ! Au-delà, le tassement du substrat et des drains fait que l’eau n’est plus évacuée. On comprend donc l’état actuel de nos terrains malgré les efforts des services municipaux.

Cela a plusieurs effets : l’annulation de séances et de matchs (jeunes, féminines, équipes réserves, vétérans), la difficulté de s’entrainer pour les équipes qui luttent pour le maintien ou l’accession à armes inégales avec des clubs qui ont des terrains synthétiques, une image peu valorisante de notre complexe perçue par nos visiteurs, la perte de licenciés qui vont chercher des terrains de qualité ailleurs…

Un terrain synthétique n’est pas fait que pour les footballeurs. Il peut être utilisé plus de 1500 heures par an sans trop souffrir s’il est bien entretenu. Cela veut dire que des créneaux peuvent aussi être ouverts à d’autres utilisateurs : les scolaires, les tickets sports loisirs, l’athlétisme, le hand-ball...

On dénombre plus de 4.000 terrains synthétiques en France, dont 6 sur l’agglomération de Vannes (3 à Vannes, 1 à Sarzeau, 1 à Grand-Champ, 1 à Plescop). Dans notre groupe de R1, 11 équipes sur 14 en ont un.
Le club espère donc vivement pouvoir en bénéficier un jour. C'est l'une des clés de son avenir.

Procédé constructif et coût

La construction
Un terrain synthétique est composé en surface d’un tapis sur lequel sont cousues des fibres synthétiques de 40 mm en polyéthylène de type mono-filaments ou frisés ou fibrilles (multifilaires). Le choix dépend de l’intensité de l’usage et de l’esthétique attendue.
Ce tapis fibré est rempli d’une couche de sable pour le lester et le drainer, complétée par des granulats de différents types (pneus valorisés-SBR, polyéthylène-PE, EPDM ou produits naturels). Chaque type a ses spécificités et un coût différent. Le plus généralement on trouve du SBR sur les terrains mais les autres types commencent de plus en plus à être retenus.
Sous le tapis, il est possible de créer une couche amortissante de 20-25 cm (comme sous les jeux pour enfants). Dans ce cas, le terrain sera plus durable et le renouvellement du tapis sera facilité au bout de 12-15 ans.
Tout comme un terrain traditionnel, le terrain est drainé afin d’évacuer l’eau. Sous la surface de jeu on trouve donc une grave drainante d’au moins 15 cm composée de sable et petits gravillons. Des drains sont positionnés selon des normes et l’eau finit dans un collecteur principal.
La portance nécessaire est de 30 Mpa. Le sous-sol doit donc être stabilisé avant de créer le terrain.

Le coût
Le coût va dépendre des choix effectués.
L’emplacement : pour le club, l’idéal est de créer le nouveau terrain à la place du terrain B (100 m X 60 m) pour garder sa cohérence sportive au complexe Le Derf. Cela veut dire qu’il ne permettra pas les matchs de Ligue (sauf dérogation à obtenir lors des périodes pluvieuses). Il sera par contre fortement utilisé pour les entraînements, les matchs de district, les matchs de jeunes, de vétérans et de de foot féminin. Ce qui représente l’essentiel.
Le type de granulats, l’existence d’une sous-couche, le type d’éclairage sportif (LED ou traditionnel) sont autant de paramètres pour le coût total.
La main-courante, les pares-ballons et les accessoires sportifs sont impératifs.
En prenant une configuration de base, le coût global se situera entre 550 et 600 K€ HT. Pour un terrain de meilleure qualité (granulats, sous-couche, éclairage LED) il faudra compter environ 120 K€ de plus.
Ce type de terrain est subventionné (FFF, Agglomération, Département…) et le sera sans doute encore plus compte tenu de leur impérieuse nécessité. Les subventions sont proportionnelles au coût global. Elle se situeraient entre 150 et 200 K€ HT.
En version minimale, le reste à charge pour la commune serait d’environ 400 K€, soit 3 € par an par habitant durant 15 ans.
Le jeu n’en vaudrait-il pas la chandelle pour que tout le monde puisse faire du sport de plein air en toutes saisons à Séné : footballeurs, scolaires, handballeurs, athlètes...

Quels granulats de remplissage

 

Les granulats de remplissage sont ces petites billes qui assurent à la fois la souplesse de la surface de jeu et le maintien des fibres.
En 2018, une polémique est apparue sur le sujet : les granulats issus des pneus valorisés (billes noires) sont-ils dangereux pour la santé ? La question est venue des Etats-Unis et les normes ont été interrogées. Des experts se sont exprimé et l’ANSES (Agence Nationale de sécurité Sanitaire) a été saisie par le gouvernement.

Pour les petites billes noires (pneus broyés puis valorisés), après étude de différents rapports américains et européens, l’ANSES constate que les expertises concluent majoritairement à un risque sanitaire négligeable et que les données existantes sont insuffisantes pour caractériser des risques éventuels pour l’environnement. Edition note ANSES : 29/8/2018.
Sur les quelque 180 terrains synthétiques construits chaque année, la majorité sont encore remplis en pneus valorisés (SBR) pour des raisons économiques.

Mais il est aussi possible de choisir d’autres granulats que le SBR pour les terrains. Plusieurs villes, comme Vannes pour la plus proche, ont pris cette option. Dans ce cas, les produits sont multiples : des produits de synthèse proches des jouets pour enfants comme l’EPDM ou le Polyéthylène (couleur marron ou verte), des produits naturels comme le liège ou la fibre de coco ou des produits innovants comme des noyaux d’olive reconditionnés.
Ces alternatives seront un peu plus chères. Certaines seront plus souples, d’autres plus dures, d’autres seront plus volatiles nécessitant plus d’entretien. Mais toutes répondront aux exigences sportives et environnementales.

En conclusion : le décideur aura toujours le choix, selon ses priorités et ses convictions, de retenir tel ou tel procédé. Il devra toujours se référencer aux normes qui encadrent les composants afin de garantir l’innocuité pour la santé et la protection de l’environnement. Les terrains synthétiques s‘inscrivent dans un cadre réglementaire contrôlé et bénéficient de nombreux retours d’expérience.

2019 - Séné Football Club